Le matin, avant l’école. Au vestiaire d’une institution. Avant de partir en promenade. Au moment de passer à table… Nous prononçons facilement : « Allez, dépêche-toi ! »
Pourtant, derrière ce qui ressemble parfois à de la lenteur ou à un manque de coopération se cache une vraie question professionnelle : à qui appartient l’urgence ?
L’adulte pense à l’horaire, au groupe, au prochain rendez-vous et à tout ce qu’il reste à faire. L’enfant, lui, est encore en train de terminer une action, d’organiser ses pensées ou simplement de passer d’une activité à une autre.
L’angle de réflexion de la semaine pourrait donc être : comment respecter le rythme de l’enfant tout en maintenant un cadre collectif réaliste ?
🌿 L’outil concret : le « sas de transition »
Plutôt que d’annoncer brutalement « On part ! », on prépare le changement en trois temps :
10 minutes avant : « Dans dix minutes, nous allons ranger. »
5 minutes avant : « Tu peux commencer à terminer ce que tu fais. »
Au moment du changement : « C’est le moment. Qu’est-ce qu’il te reste à faire avant de venir ? »
En institution, on peut matérialiser ces étapes avec trois cartes visuelles : 🟢 encore du temps → 🟠je termine → 🔴 transition.
L’intérêt est que le temps ne repose plus uniquement sur les rappels de l’adulte : il devient visible pour l’enfant.
✨ La petite technique créative
Lorsqu’un enfant est régulièrement en difficulté dans les transitions, évite de répéter « dépêche-toi ». Essaie plutôt :
« Quelle est ta prochaine étape ? »
Cette question est intéressante parce qu’elle ne fait pas à sa place. Elle l’aide à organiser son action : mettre ses chaussures, prendre sa veste, fermer son sac…
Et pour une équipe éducative, elle ouvre une excellente analyse de pratiques : combien de fois par jour demandons-nous aux enfants d’aller plus vite pour répondre à notre organisation d’adultes ?
